Dans les vergers de pommiers et de poiriers, où le vent seul ne suffit pas à garantir des fruits bien calibrés et homogènes, de plus en plus d’arboriculteurs français louent des ruches sous contrat pendant la floraison – à l’image du groupe La Blottière, en Maine-et-Loire, qui loue depuis 2018 les services de plus d’un million d’abeilles auprès de l’apiculteur Famille Mary. Une pratique facturée en général entre 30 et 60 € par ruche selon la région et la culture, distincte à plus d’un titre de la pollinisation à façon pratiquée sur colza ou tournesol.

Points clés à retenir
- Le vent pollinise mal les vergers de pommiers et de poiriers ; la présence d’abeilles améliore la nouaison, la taille et l’homogénéité des fruits.
- Depuis 2018, le groupe La Blottière (Maine-et-Loire) loue les services de plus d’un million d’abeilles auprès de l’apiculteur Famille Mary, dans le cadre d’une charte de collaboration locale.
- Les tarifs constatés se situent généralement entre 30 et 60 € par ruche pour les vergers fruitiers, selon la région et l’espèce cultivée.
- Un contrat de pollinisation en verger engage l’arboriculteur à ne pas traiter ses arbres pendant toute la période de floraison, jusqu’au retrait des ruches.
- Contrairement au colza ou au tournesol, la floraison des vergers a lieu tôt au printemps, sur une période plus courte et plus exposée au risque de gel.
Sommaire
- Pourquoi les vergers ont besoin des abeilles
- Un exemple concret : Famille Mary et le groupe La Blottière
- Les clauses typiques d’un contrat de pollinisation en verger
- Les tarifs pratiqués
- En quoi cela diffère de la pollinisation du colza et du tournesol
- Comparatif : vergers fruitiers vs grandes cultures
- Questions fréquentes
- Conclusion
Pourquoi les vergers ont besoin des abeilles
Dans un verger de pommiers ou de poiriers, la pollinisation par le vent reste possible mais nettement moins efficace que celle assurée par les insectes : sans une présence suffisante de pollinisateurs, la nouaison (la formation effective du fruit après la fleur) est plus irrégulière, ce qui se traduit par des fruits plus petits et de calibre hétérogène. La présence de ruches pendant la floraison vise précisément à corriger ce déficit, avec un objectif de production couramment cité autour de 150 fruits par arbre pour un résultat commercialement satisfaisant.
Le photographe et apiculteur Eric Tourneret, dans son émission Le Génie des Abeilles, montre concrètement un rucher installé sur des pommiers en fleurs — une illustration directe de la pratique décrite ci-dessus.
Un exemple concret : Famille Mary et le groupe La Blottière
Le partenariat noué depuis 2018 entre le groupe La Blottière, producteur de pommes et de poires basé en Maine-et-Loire, et l’apiculteur Famille Mary illustre concrètement cette pratique : plus d’un million d’abeilles sont louées chaque année pour polliniser les vergers du groupe, dans le cadre d’une charte de collaboration conforme à des exigences de biodiversité et de partenariat local. Ce type d’accord, documenté et durable dans le temps, contraste avec des arrangements plus informels et ponctuels qui pouvaient prévaloir par le passé dans ce secteur.
Les clauses typiques d’un contrat de pollinisation en verger
Un contrat de pollinisation en verger engage généralement l’arboriculteur sur un point non négociable : suspendre tout traitement phytosanitaire susceptible de nuire aux abeilles à partir d’une date convenue avant la floraison, et pendant toute la durée de présence des ruches sur son exploitation, jusqu’à leur retrait effectif. Cette clause protège à la fois la santé des colonies de l’apiculteur prestataire et la qualité de la pollinisation elle-même, un traitement mal calé pouvant réduire l’activité de butinage au moment précis où elle est la plus nécessaire.
Les tarifs pratiqués
Les tarifs de location de ruches pour la pollinisation des vergers fruitiers – pommiers, poiriers, cerisiers, abricotiers – se situent généralement entre 30 et 60 € par ruche, avec des variations sensibles selon la région et l’apiculteur prestataire : un tarif de 30 € HT par ruche a par exemple été observé dans la région d’Avignon. Ces montants restent indicatifs et négociés au cas par cas entre l’arboriculteur et l’apiculteur, sans grille tarifaire nationale unique.
En quoi cela diffère de la pollinisation du colza et du tournesol
Cette activité complète, sans s’y confondre, la pollinisation à façon du colza porte-graines et du tournesol déjà présentée sur ce site : les vergers fruitiers fleurissent nettement plus tôt dans la saison, sur une fenêtre plus courte et davantage exposée au risque de gelées printanières tardives, susceptibles de compromettre en quelques heures toute une floraison. La logistique de déplacement des ruches et la relation contractuelle avec l’arboriculteur restent en revanche structurées de façon très similaire d’une culture à l’autre.
Comparatif : vergers fruitiers vs grandes cultures
| Critère | Vergers fruitiers (pommiers, poiriers…) | Colza porte-graines / tournesol |
|---|---|---|
| Période de floraison | Tôt au printemps, fenêtre courte | Printemps à été, selon la culture |
| Risque climatique principal | Gelées tardives | Sécheresse, aléas plus tardifs |
| Tarif indicatif par ruche | 30 à 60 € | Environ 33 € en moyenne |
| Objectif recherché | Calibre et homogénéité des fruits | Rendement de semences, teneur en huile |
Côté statut, voyez la différence entre chef d'exploitation et cotisant solidaire à la MSA.
Questions fréquentes
Un arboriculteur peut-il refuser de suspendre ses traitements pendant la floraison ?
Non, cette clause constitue généralement une condition non négociable du contrat de pollinisation : sans elle, l’apiculteur ne peut pas garantir la santé de ses colonies ni l’efficacité de la pollinisation.
Toutes les variétés de pommiers ont-elles besoin d’abeilles pour être pollinisées ?
La plupart des variétés commerciales de pommiers ne sont pas auto-fertiles et nécessitent une pollinisation croisée, ce qui rend la présence de pollinisateurs particulièrement importante pour obtenir une récolte satisfaisante.
Combien de temps les ruches restent-elles dans un verger ?
Généralement le temps de la floraison, de son début jusqu’à sa fin, soit une durée de quelques semaines selon les conditions climatiques de l’année et l’espèce fruitière concernée.
Ce type de contrat est-il réservé aux grandes exploitations ?
Non, bien que l’exemple du groupe La Blottière concerne une exploitation de taille significative, des arrangements similaires, à plus petite échelle, existent aussi entre apiculteurs locaux et arboriculteurs indépendants.
La pollinisation des vergers rapporte-t-elle du miel à l’apiculteur ?
Un peu, mais la floraison des arbres fruitiers reste généralement courte et n’offre pas un potentiel mellifère comparable à celui du colza ou du tournesol : la rémunération contractuelle du service de pollinisation reste ici l’enjeu économique principal.
Conclusion
Moins connue que la pollinisation du colza ou du tournesol, la pollinisation des vergers fruitiers représente pourtant un débouché réel et structuré pour l’apiculture de service en France, comme l’illustre le partenariat entre Famille Mary et le groupe La Blottière depuis 2018 – une activité rythmée par une fenêtre de floraison plus courte et plus fragile, mais tout aussi encadrée par contrat que ses équivalents sur grandes cultures.
Sources : Réussir, les abeilles plus efficaces que le vent pour polliniser pommiers et poiriers, ITSAP-Institut de l’abeille, prestations de pollinisation : le juste prix.
Lectures complémentaires
- La pollinisation à façon : louer des ruches en France
- Devenir apiculteur professionnel en France : formation


