Trois grandes familles de nourrisseurs se partagent le marché apicole français : le nourrisseur couvre-cadres, posé sous le toit et capable de contenir plusieurs litres de sirop, le nourrisseur-cadre, qui prend la place d’un cadre à l’intérieur du corps de ruche, et le nourrisseur d’entrée, plus petit et positionné à l’entrée de la ruche. Le choix dépend moins du prix que du moment de l’année et de la quantité de sirop à apporter : nourrissement stimulant de printemps ou constitution des réserves d’hiver n’ont pas les mêmes besoins.

Points clés à retenir
- Le nourrisseur couvre-cadres se pose directement sous le toit de la ruche et peut contenir plusieurs litres de sirop, jusqu’à 6 litres selon les modèles.
- Le nourrisseur-cadre prend la place d’un cadre à l’intérieur même du corps de ruche, une solution compacte mais de capacité plus limitée.
- Le nourrisseur d’entrée, positionné à l’entrée de la ruche, convient surtout à de petits volumes ou à un nourrissement ponctuel.
- Le sirop se prépare différemment selon la saison : un mélange concentré à 2 volumes de sucre pour 1 volume d’eau pour l’hiver, contre un mélange plus dilué, à parts égales, au printemps.
- Positionner le nourrisseur à l’intérieur de la ruche (couvre-cadres ou cadre) plutôt qu’à l’entrée réduit sensiblement le risque de pillage par des colonies voisines ou des guêpes.
Sommaire
- Le nourrisseur couvre-cadres
- Le nourrisseur-cadre
- Le nourrisseur d’entrée
- Quel sirop selon la saison
- Le risque de pillage selon le type choisi
- Comparatif des trois types de nourrisseurs
- Questions fréquentes
- Conclusion
Le nourrisseur couvre-cadres
Positionné directement sur le couvre-cadres, sous le toit de la ruche, ce type de nourrisseur – largement distribué en France par des fabricants comme Nicot – est la solution offrant la plus grande capacité, certains modèles atteignant 6 litres de sirop en une seule fois. Certains modèles proposent même deux bacs séparés, permettant de nourrir simultanément deux colonies logées dans la même ruche, ou de combiner nourrissement liquide et candi solide. C’est le format le plus adapté aux apports conséquents d’automne, quand il s’agit de constituer rapidement les réserves hivernales de la colonie.
Sur la chaîne Le Rucher du Moulin, cette vidéo montre concrètement comment nourrir une colonie avec un couvre-cadre nourrisseur plastique Nicotplast, le modèle même évoqué ci-dessus.
Le nourrisseur-cadre
Le nourrisseur-cadre prend littéralement la place d’un cadre à l’intérieur du corps de ruche, au contact direct de la grappe d’abeilles. Sa capacité est généralement plus limitée qu’un nourrisseur couvre-cadres, mais son emplacement au cœur de la ruche facilite l’accès des abeilles par temps frais, quand elles hésitent à monter jusqu’au-dessus du couvre-cadres. C’est une solution appréciée pour le nourrissement stimulant de printemps, en petites quantités régulières.
Le nourrisseur d’entrée
Plus petit et positionné directement à l’entrée de la ruche, le nourrisseur d’entrée convient surtout à un nourrissement ponctuel ou de faible volume, par exemple pour une colonie récemment installée ou un nucléus. Sa position extérieure le rend en revanche plus exposé au pillage par des colonies voisines ou par des guêpes, ce qui en fait un choix moins adapté dès que les quantités à apporter deviennent importantes.
Quel sirop selon la saison
La concentration du sirop varie selon l’objectif recherché : un mélange concentré, à environ 2 volumes de sucre pour 1 volume d’eau, favorise la constitution rapide de réserves stables pour l’hivernage, tandis qu’un sirop plus dilué, à parts égales de sucre et d’eau, stimule la ponte de la reine et la construction de cire au printemps sans saturer immédiatement les cadres de réserves. Utiliser la mauvaise concentration au mauvais moment – un sirop trop concentré au printemps, par exemple – peut freiner la reprise de ponte au lieu de la stimuler.
Le risque de pillage selon le type choisi
Le pillage – quand des abeilles d’une autre colonie ou des guêpes viennent piller les réserves d’une ruche affaiblie – est un risque à prendre en compte dans le choix du nourrisseur : un nourrisseur interne (couvre-cadres ou cadre), où le sirop reste inaccessible depuis l’extérieur de la ruche, réduit fortement ce risque par rapport à un nourrisseur d’entrée, plus exposé. C’est un critère à considérer en particulier en fin d’été, période où le pillage est le plus fréquent en raison de la raréfaction des ressources naturelles.
Comparatif des trois types de nourrisseurs
| Type | Emplacement | Capacité | Usage recommandé | Risque de pillage |
|---|---|---|---|---|
| Couvre-cadres | Sous le toit, sur le couvre-cadres | Élevée (jusqu’à 6 L) | Réserves d’automne, gros volumes | Faible |
| Cadre | À la place d’un cadre, dans le corps | Moyenne | Nourrissement stimulant de printemps | Faible |
| Entrée | À l’entrée de la ruche | Faible | Nourrissement ponctuel, nucléus | Élevé |
Un bon nourrisseur figure d'ailleurs parmi les idées de cadeaux utiles pour un apiculteur.
Questions fréquentes
Quel nourrisseur choisir pour une seule colonie standard ?
Un nourrisseur couvre-cadres convient à la majorité des situations courantes, grâce à sa grande capacité et son faible risque de pillage, sauf besoin spécifique de nourrissement en petites quantités au printemps.
Peut-on utiliser le même nourrisseur toute l’année ?
Oui pour un modèle couvre-cadres ou cadre, à condition d’adapter la concentration du sirop selon la saison. Le nourrisseur d’entrée reste en revanche réservé à des besoins ponctuels ou de faible volume.
Pourquoi le sirop d’automne est-il plus concentré que celui du printemps ?
Un sirop concentré (2 volumes de sucre pour 1 d’eau) demande moins d’évaporation aux abeilles pour être stocké comme réserve stable, un avantage en fin de saison quand les jours raccourcissent, tandis qu’un sirop dilué stimule davantage la ponte sans saturer prématurément les réserves au printemps.
Le nourrisseur-cadre réduit-il l’espace disponible pour le couvain ?
Oui, temporairement, puisqu’il occupe l’espace d’un cadre normal dans le corps de ruche – un compromis à prendre en compte sur une colonie déjà à l’étroit.
Comment limiter le risque de noyade des abeilles dans un nourrisseur ?
La plupart des modèles couvre-cadres et cadre intègrent un système de flotteur ou de grille permettant aux abeilles d’accéder au sirop sans y tomber ; vérifiez systématiquement la présence de ce dispositif avant l’achat.
Conclusion
Le bon nourrisseur n’est pas le plus cher ni le plus sophistiqué, mais celui qui correspond au bon moment de l’année : couvre-cadres pour les gros volumes d’automne, cadre pour le nourrissement stimulant de printemps en espace restreint, entrée pour de petits besoins ponctuels – à condition, dans tous les cas, d’adapter la concentration du sirop à l’objectif recherché.
Sources : Wikipedia, Feeder (beekeeping), ICKO Apiculture, nourrisseurs sur couvre-cadres.
Lectures complémentaires
- Nourrir ses abeilles : guide du nourrissement au sirop et au candi
- Calendrier apicole : les travaux du rucher mois par mois




