Le varroa (Varroa destructor) se traite selon deux fenêtres complémentaires dans l’année : un traitement d’été, à poser dès le retrait des dernières hausses et idéalement avant le 15 août, pour protéger les abeilles d’hiver ; et un traitement de finition à l’acide oxalique en décembre-janvier, lorsque la reine a cessé de pondre et qu’il n’y a plus de couvain operculé où le parasite peut se cacher. C’est aujourd’hui la première cause de mortalité des colonies en France selon les retours de terrain des structures sanitaires apicoles, ce qui en fait la tâche la plus critique du calendrier apicole, bien avant la récolte elle-même.
Points clés à retenir
- Le traitement d’été (avant le 15 août) est le plus déterminant : il protège les abeilles d’hiver, qui n’ont pas de génération suivante pour prendre le relais.
- Trois grandes familles de traitements sous autorisation de mise sur le marché (AMM) existent : l’amitraze (lanières, environ 10 semaines), le thymol (4 à 6 semaines, efficace entre 20 et 30 °C) et l’acide formique (1 à 2 semaines, fenêtre étroite de 12 à 29 °C).
- L’acide oxalique s’utilise en hiver, hors couvain, pour un traitement de finition contre les varroas phorétiques.
- Alterner les familles de traitement d’une année sur l’autre limite l’apparition de résistances chez le parasite.
- Ne jamais traiter pendant une miellée en cours, au risque de contaminer le miel destiné à la consommation.
Table des matières
- Comprendre le varroa et son impact
- Reconnaître une infestation
- Le traitement d’été : la priorité absolue
- Le traitement d’hiver à l’acide oxalique
- Pourquoi alterner les traitements
- Les erreurs qui coûtent une colonie
Comprendre le varroa et son impact

Varroa destructor est un acarien parasite qui se fixe sur les abeilles adultes et se reproduit dans le couvain operculé, où il affaiblit directement les larves en développement et transmet plusieurs virus délétères pour la colonie. Sans traitement, une infestation non maîtrisée conduit le plus souvent à l’effondrement de la colonie avant ou pendant l’hiver, le parasite profitant du resserrement de la population hivernale pour atteindre des niveaux critiques. C’est aujourd’hui, de l’aveu de la plupart des structures sanitaires apicoles françaises, la première cause de mortalité des colonies sur le territoire.
Reconnaître une infestation
Les signes visibles d’une infestation avancée incluent des ailes déformées chez les jeunes abeilles émergentes, un couvain irrégulier avec des alvéoles operculées perforées, et parfois l’observation directe de petits points rougeâtres (les varroas eux-mêmes) sur le thorax des abeilles adultes. Un comptage régulier, par exemple via un lange collant placé sous une grille à fond de ruche pendant 24 à 48 heures, permet d’estimer objectivement le niveau d’infestation plutôt que de se fier à la seule observation visuelle, souvent trop tardive.
Le traitement d’été : la priorité absolue
Le traitement d’été se pose dès le retrait des dernières hausses, idéalement avant le 15 août, pour protéger les abeilles dites « d’hiver » qui doivent rester en bonne santé plusieurs mois sans renouvellement de génération. Trois grandes options sous autorisation de mise sur le marché (AMM) coexistent en France : l’amitraze en lanières (type Apivar), qui agit sur environ 10 semaines indépendamment de la température ; le thymol (type Apiguard ou Apilife Var), efficace sur 4 à 6 semaines mais qui nécessite une température comprise entre 20 et 30 °C ; et l’acide formique (type MAQS ou Formidol), sur une fenêtre plus courte de 1 à 2 semaines et une plage de température plus étroite, entre 12 et 29 °C. Le choix dépend largement de la météo de la période et de la disponibilité du produit, plus que d’une préférence de principe.
Le traitement d’hiver à l’acide oxalique
En décembre ou janvier, lorsque la reine a cessé de pondre et qu’il n’y a donc plus de couvain operculé, un traitement à l’acide oxalique (par dégouttement ou sublimation selon le matériel disponible) permet d’éliminer les varroas phorétiques, c’est-à-dire ceux qui se trouvent directement sur les abeilles adultes plutôt que protégés dans les cellules de couvain. Ce traitement de finition ne remplace pas le traitement d’été : il vient le compléter, pas s’y substituer.
Pourquoi alterner les traitements
Utiliser systématiquement la même famille de traitement d’une année sur l’autre favorise l’apparition de résistances chez le parasite, un phénomène déjà documenté pour certaines molécules de synthèse à l’échelle internationale. Alterner amitraze, acide formique et acide oxalique d’une saison à l’autre reste la recommandation la plus largement partagée par les structures techniques apicoles pour préserver l’efficacité des traitements disponibles sur le long terme.
Les erreurs qui coûtent une colonie
L’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse reste de retarder le traitement d’été au-delà de la mi-août, ce qui laisse le parasite se développer sur les abeilles qui devront pourtant tenir tout l’hiver sans renfort. Traiter pendant une miellée en cours constitue la deuxième erreur classique, avec un risque de contamination du miel destiné à la consommation – d’où l’importance de retirer systématiquement les hausses avant tout traitement chimique.
FAQ
Quand traiter le varroa en priorité dans l’année ?
Le traitement d’été, dès le retrait des dernières hausses et idéalement avant le 15 août, est le plus déterminant : il protège les abeilles d’hiver qui n’ont pas de génération suivante pour prendre le relais.
Quels traitements contre le varroa sont autorisés en France ?
Trois grandes familles sous AMM : l’amitraze en lanières (environ 10 semaines), le thymol (4 à 6 semaines, entre 20 et 30 °C) et l’acide formique (1 à 2 semaines, entre 12 et 29 °C), auxquelles s’ajoute l’acide oxalique pour le traitement hivernal hors couvain.
Pourquoi traiter à l’acide oxalique en hiver plutôt qu’en été ?
Parce qu’en hiver, la reine ne pond plus et il n’y a donc plus de couvain operculé où le varroa peut se réfugier. Le traitement atteint alors tous les varroas présents sur les abeilles adultes.
Pourquoi alterner les traitements d’une année sur l’autre ?
Pour limiter l’apparition de résistances chez le parasite face à une même molécule utilisée en continu, un phénomène déjà documenté à l’échelle internationale pour certains traitements de synthèse.
Peut-on traiter le varroa pendant que les hausses sont en place ?
Non, il faut retirer les hausses avant tout traitement chimique afin d’éviter toute contamination du miel destiné à la consommation.



